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Be Good
Bonjour mon petit loup et bienvenue sur Be Good !
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white trash beautiful — angus

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Ekaterina N. Poliakova
Paonne Majestueuse ♥
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Lun 14 Nov - 23:23

white trash beautiful
everyone's so full of shit, born and raised by hypocrites, Hearts recycled but never saved, from the cradle to the grave.


Diantre, quelle bonne à rien ! Ne comprends-tu pas les mots qui sortent de ma bouche ? Assimiles-tu mes paroles ? Je ne me souviens pas avoir élevée aussi sotte fille.

Brume léthargique. Douleur lancinante au crâne, oreilles bourdonnantes, corps lourd, bouche rêche, visage blême. Pensées qui s'affolent, cerveau qui s'enflamme. Les idées s'entrechoquent, les théories fusent ; la peur tiraillant l'esprit encore vaporeux. Les yeux s'ouvrent alors, le regard incertain. Ils examinent, analysent, décortiquent les lieux étrangers. Et ainsi vogue l'encéphale chaotique, étouffé. Enténébré par ce brouillard persistant. Les fabulations se dissipent finalement, à mesure que les tic-tacs réguliers de l'horloge avancent et résonnent dans la pièce ; résonnent dans l'âme. Ils régulent, apaisent les battements du cœur. La main fébrile s'élance alors dans la quête d'une dose de nicotine, pendant que le corps reste inerte, encore chamboulé par l'intrusion du Paternel, défunt. Enterré dix pieds sous terre, le corps en décomposition et pullulant de parasites, le voilà lui apparaissant dans toute sa splendeur d'antan, continuant les reproches ; continuant de déverser sa bile verbale toxique et mortelle, persistant à lui dicter sa vie sous toutes les coutures. Le voilà s'insinuant dans ses pores, dans ses veines telle une seringue d'héroïne ; n'attendant que l'effroyable déchéance, l'impitoyable disgrâce, la douloureuse agonie. Le voilà s'incrustant dans son corps dans lequel il insufflera tourments infernaux, désolations pénibles et odieuses.

Et quel malheur que de ne pouvoir se défaire de ses jougs ! Et quel malheur d'être esclave d'une fable psychique ! Quel malheur, quel malheur ! L'impuissance la frappe de toutes parts, son incapacité la terrasse au sol, sa faiblesse la condamne ! Quel malheur, quel malheur !

Le corps quitte alors les draps de soie ; il s'envole, se défait de ses derniers remparts et s'éclipse de cette chambre qui n'est sienne, qui ne l'a jamais été, qui ne le sera jamais. Les pas résonnent et détonnent sur le plancher abîmé, faisant craquer le bois moisi sous le talon de ses souliers ; et dents serrées, mine désespérée, la colombe tente de battre des ailes. Chasser la bile noire et goudronneuse lui restant à travers le gosier, chasser cette sensation de crasse abjecte lui collant aux basques, chasser les démons méphistophéliques ne cessant de lui susurrer à l'oreille qu'elle n'est que merde profonde à l'existence futile. La corvée, pourtant, est si complexe, les pensées si ancrées dans le crâne, que s'en défaire est d'autant plus difficile. Alors la démarche maladroite, imprévisible ; la silhouette vogue et erre dans les couloirs, ne sachant que faire, ne sachant rien du tout.

C'est ainsi qu'apparût le Sauveur : compagnon de toujours, celui avec lequel la demoiselle pouvait converser de toutes les subtilités de ce domaine si grand et si vaste qu'était l'Art.

— O'Connell, je te supplie de m'emmener hors de cet établissement. N'y-a-t-il donc pas quelque chose de plus intéressant à faire que de se morfondre seul dans une salle de classe décrépie ?

Ascenseur émotionnel. Mine sombre. Rictus.

— O'Connell.. ? Tout va bien ?

Que la voix tente d'énoncer, le ton incertain.



codes par shyvana
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Angus O'Connell
Modératrice / Animatrice - Colibri Enjoué ♥
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Mer 16 Nov - 23:54
I want to be scared ...

Tu pensais connaitre la souffrance. Mais non.  Personne ne la connait vraiment avant de se l’être prise en pleine face. A ce moment là tu verras, tu ne seras rien de plus qu’un tas de cellules informe parmi tant d’autres. Un tas de cellule perdu au milieu du tourbillon infâme qu’est la vie.

La souffrance c’est une caresse qui vous endort avec de douces paroles avant de vous planter un tisonnier chauffé à blanc dans une partie de ton être que tu crois plus puissante que n’importe quelle autre. Plus puissante que tout. Ton esprit.  Et comme t’es bien con, ne t’inquiète pas c’est propre à l’être humain d’être une fiotte sans valeur, cette souffrance tu la laisses entrer. Prendre possession de ton corps. Ramper sous ta peau. Te faire courber l’échine et te brûler les veines. T’aimerais bien que ça s’arrête mais le problème tu vois, c’est que souffrir, c’est la seule preuve tangible que t’aies trouvé à la vie.

T’as beau griffer les parois de ton inconscient en suppliant tes poumons de cesser de respirer, de te laisser enfin tranquille, d’entrer en veille prolonger pour que quelqu’un d’autre se charge de te réparer, bah t’es obligé de faire face. Parce que ton corps n’est pas près de te lâcher. Parce que comme tout les autres êtres vivants tu survies instinctivement. Et parce qu’il faut avoir une sacré paire de couille, pour réussir à faire taire tout ça.


Merci
Cette voix chevrotante et pleine de tristesse déformée par l’horrible micro de son téléphone aurait très bien pu me dire n’importe quoi. Mais pas merci. C’était trop cruel de me remercier.

- Je … Je suis probablement loin d’être la personne que vous croyez. S’il vous-plait ne rappelez plus jamais ce numéro.

Je ne lui avais pas laissé le temps de répondre. Ce n’était pas le but de toute façon alors à quoi bon ? Il était 2h46 du matin et je me retrouvais de nouveau seul, dans les couloirs sombres de ce foyer sans âme, face au bip strident et désagréable du boitier noir et bleu qui me renvoyait comme par ironie le reflet de la personne que j’avais le moins envie de voir en ce moment. Le miens.  

Merci. Merci pourquoi ? Pour n’avoir pas su être l’être capable de retirer l’aiguille du bras au bon moment ? Pourquoi cette pauvre femme m’avait-elle remercié alors que j’étais le seul et unique responsable de son triste malheur. Sa fille s’était fanée. Elle était doucement tombée dans les méandres sinueux et vaseux d’une déchéance douce-amère. Elle s’était éteinte. Morte ? Non pas morte. Simplement éteinte. Elle n’était plus désormais qu’une pâle enveloppe charnelle qui avait contenue autrefois ce qui eût ressemblé à une vie. Un pantin sans files. Une poupée sans propriétaire.

Des hommes intelligents en blouse blanche avaient prononcé le mot Catatonie.  Syndrome psychiatrique touchant la sphère physique et motrice. Schizophrénie hébéphrénocatatonique.  Refus du réel, absence, mutisme et apragmatisme. Raideur généralisée et attitude figée. Tétanie. Catalepsie. Des mots compliqués que l’ont vous sert sur un plateau avec un soit disant remède, des Benzodiazépine. La médecine avait ce talent, celui d’enterrer les dossiers, d’enterrer la vérité sous un vocabulaire pompeux, hérité du latin ou du grec. Peu importait. Tant qu’il restait une lueur d’espoir dans les yeux de celui à qui on rapportait de diagnostique.

Elle peut évoluer avec le traitement. C’est par cette belle tirade qu’ils avaient terminé cet impossible entretien. C’est par cette belle tirade que Marta Ackermann, mère de 2 enfants et demi, si tenté qu’un demi soit la bonne description pour un corps sans âme, avait fini son appel. Juste avant de me dire : Merci.

Oui. Elle avait des chances de s’en sortir. Presque autant que de survivre à un saut à l’élastique sans élastique. Un souvenir flou, mais bien présent, un grand oncle je crois victime d’un AVC. Même discours. Même espoir. Même chagrins et même tromperies.

Catatonie était un doux euphémisme pour dire : C’est fini. Ce n’est plus et ça ne sera jamais plus votre fille. C’était pire que la mort et cette idiote m’avait dit : Merci.

J’avais besoin d’imploser. Incapable de me contenir une seule seconde de plus moi-même. Incapable d’aller plus loin sans sombrer dans un gouffre sans fond dont l’odeur pestilentiel me suivait constamment, sans faillir, attendant patiemment que je trébuche pour faire de moi son jouet d’un soir. Hurler. Gratter. Pleurer ou m’étouffer. Rien ne suffisait. Rien ne me suffisait. Je vouais souffrir sans avoir mal et mourir avec un avenir. Je voulais me consumer là maintenant et implorer pour qu’un jour on me pardonne. Pour qu’un jour, je, me pardonne.

Recroquevillé sur moi-même au bout du rebord d’une fenêtre. Funambule sans filet, les ongles plantés dans la chair tendre. La plus tendre de toute, celle de la jonction entre l’humérus, l’ulna et le radius … Celle où mes démons prenaient formes chaque fois que j’étais avec … Hell. Il n’y avait que 8m50. Il n’y avait que 8m50 à franchir et tout serait fini. Il me suffisait de m’envoler. Car je savais au tréfonds de mon être, qu’une partie de moi s’en irait loin, comme un albatros , là où j’ai toujours porté mon regard,  lorsque déjà vidé de tout ce à quoi j’avais pu tenir, ma tête toucherai le sol glacé d’une Irlande sans gout. D’un monde sans saveur. Ce serait probablement sans douleur. Ma nuque se brisera bien avant que le signal nerveux ne se transmettre au poste de commande de cette immonde machine qu’était mon corps.

Mon cœur rata un battement. Est-ce que j’étais enfin prés à m’envoler ?

Des pas précipités qui n’était pas les miens. La perspective d’être découvert ainsi, dans mon état le plus vulnérable. Je reposais alors un pied sur le planché ciré des couloirs des dortoirs. C’était trop tard. J’avais loupé le coche. J’avais renoncé. Mon cœur avait toujours battu plus vite que celui des autres. On avait affublé cela de ‘Malformation cardiaque béguine’. Moi je pense surtout que je n’avais jamais été rien d’autre qu’un oiseau.

Au détour du couloir des longs cheveux d’argents. De la soie et quelques fines dentelles. Je n’avais pas besoin de regarder plus longtemps ce fugace instant. J’avais compris depuis longtemps au rythme de ses pas qu’il s’agissait d’une mélodie que je ne connaissais que trop bien. Le Requiem d’automne. Ekaterina Poliakova. Poupée de porcelaine dans un monde mazouté. Partition sans fin d’une time-line brisée.

- O'connell, je te supplie de m'emmener hors de cet établissement. n'y-a-t-il donc pas quelque chose de plus intéressant à faire que de se morfondre seul dans une salle de classe décrépie ?

Je crois que le plus intéressant serait d’assumer d’être en vie. A moins que ça ne soit d’en avoir envie. Le sourire que j’affichais à son égard je le savais n’avait rien de plaisant. A vrai dire je lui en voulais un peu. Je lui en voulais de m’avoir sauvé ce soir. Mais aussi, et bien malgré moi, la voix d’un petit garçon perdu dans ce qui restait de mon cœur la remercia 1000 fois, de m’avoir remis le cerveau à l’endroit.

- O'connell.. ? tout va bien ?

Je savourais un instant la teinte si particulière de sa voix. Elle avait une voix d’opale. Peu importait la question, tant qu’elle me maintenait à flot de réalité.

- J’aimerais bien Ekaterina, j’aimerais vraiment bien.

Puis je me remémorais ses paroles. Autre chose que de se morfondre dans la décrépitude. Autre chose que la solitude.

- On pourrait peut être mettre de la couleur là où il en manque tellement ?

Et, sans attendre le moindre consentement de sa part, je pris doucement sa main pour l’entraîner dans une course haletante. Dédale d'allées froides et humides. Dédale de bâtiments sombres et viellots. Dédale de portes sans réelles consistances, une seules d’entres elles m’intéressait vraiment. Celle de la salle d’art. Celle de la salle des rêveries. L’être humain n’est très original, il aime les choses pour les détails qu’il pense être le premier à avoir remarqués. Mais il se fourre le doigt dans l’œil et ce jusqu’au coude, quand il refuse de voir la beauté d’une pièce sans bruits, vidée de toute l’humanité qu’elle connait la journée, caressée par les rayons bleutés de la lune.  




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❝I don't do drugs, i just crush on you❞
   
Angus O'Connell
   (c)Allison

Angus te fait chier en #9999ff
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Ekaterina N. Poliakova
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Sam 19 Nov - 15:23

white trash beautiful
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Était-ce égoïste de sa part d'avoir espéré, ne serait-ce qu'une seconde, une réponse positive ? Les soucis de la plèbe ne l'intéressait guère, trop occupée à chasser ses propres démons et prendre soin — ou du moins, essayer — de sa petite personne. L'habitude n'y était pas, que de croiser un Angus à deux doigts de plonger dans des bassesses inconnues, l'habitude n'y était pas, que de fréquenter un Angus en pleine déchéance de l'esprit. Bien sûr, elle mentirait si elle n'osait dire que certaines failles ne se présentaient pas à elle lors de leurs innombrables conversations ; bien sûr, elle mentirait si elle n'osait dire qu'il n'était pas porteur d'une certaine mélancolie permanente — comme tout le monde ici, finalement. Pourtant, s'étonnait-elle encore qu'il décèle d'une noirceur qui lui était obscure. Et quelque part, elle n'en était pas sereine.

Le moment était, par ailleurs, davantage propice aux vagabonds nocturnes restés éveillés jusqu'à l'aube du jour que de plonger dans ces bassesses intimes, dans ce spleen béant, dans ce blues de minuit qui venait fendre l'âme en mille morceaux, décortiquant l'encéphale meurtrie et venant même jusqu'à torturer ces pauvres esprits sur l'acheminement de leur existence insignifiante et insipide. Et quelque part, elle aurait voulu l'étreindre de ses pauvres bras, le bercer tout bas de ces mots qui rassurent, de ces mots qui soignent ; lui murmurer qu'il n'y avait rien à craindre, que tout irait bien. Pourtant, elle n'en fit rien, la barrière de ses lèvres lui interdisant d'agir, d'énoncer quelques malheureuses phrases. Ainsi, elle resta muette devant le malheur de celui à l'âme si rayonnante d'habitude. Incapable, malhabile et désarmée qu'elle était.

Alors fut-elle reconnaissante lorsqu'il ne lui laissa pas le choix, pas le temps de se morfondre davantage sur sa frigidité — peut-être était-ce tout simplement la crainte du rejet ? — et qu'il l'entraîna inopinément dans la salle d'Arts. Peut-être avait-il compris qu'il n'obtiendrait rien de son réconfort ou peut-être avait-il simplement eu un éclair fulgurant quant à sa demande ultérieure. Quoi qu'il en soit, elle se sentait allégée de ce poids si contraignant. Les joutes sociales semblaient si futiles, à son regard.

— Qu'attends-tu de moi, exactement ? Je reste perplexe.

La main vient s'enquérir nonchalamment d'une cigarette pendant que les pupilles s'attardent sur le spectacle offert.

— Ça paraît idiot formulé de cette manière mais, je n'ai jamais tenu de pinceaux entre les doigts. Toute ma vie, je n'ai fait que contempler et apprécier ceux qui réussissaient à dégager de la monotonie cette magie si particulière et qui parvenaient alors, à rendre la vie moins morose et abjecte.



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